Accompagner
un proche dans la maladie
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Lapparition dune maladie grave dans
le cercle familial bouleverse les habitudes, et modifie les
rôles. Le plus souvent, ce sont les enfants adultes qui
vont devoir prendre soin de leurs parents.
Position difficile de part et dautre, à limage
de ce patient hospitalisé pour un cancer et qui, chaque
fois que sa femme et sa fille voulaient laider, se mettait
à crier: "Laissez moi tranquille, je ne suis
plus un gamin! Si j'ai besoin de vous, je vous le dirais!"
Les concéquences de la maladie sur la
vie de couple sont tout aussi réels. Les conjoints sattendent
à prendre soin lun de lautre, et ils ressentent
le besoin de le faire. Il nest cependant pas facile dêtre
soudain cantonné dans un rôle fixe de soignant.
Lorsque lêtre aimé, autrefois autonome, devient
dépendant de vous, vous pouvez passer par des phases
de culpabilité parce que parfois "vous lui en voulez
dêtre tombé malade". Ce sentiment là
peut générer une grande souffrance morale ajoutant
à la difficulté de la situation.
Si un de vos proche est
malade, vous avez peut être besoin d'aide
Si vous êtes dans ce cas, vous vous imposerez sans doute
de ne jamais craquer devant votre proche malade et aurez tendance
à tout prendre sur vous.
Vous confier à une oreille attentive dans un réseau
amical ou familial constitue une aide précieuse.
Mais votre entourage peut aussi se montrer maladroit ou se sentir
impuissant, comme en témoigne Johanna qui accompagne
son époux atteint de maladie de Parkinson: "Souvent
les gens ne savent pas quoi me dire. A part ma pauvre et bon
courage, ça ne va pas plus loin".
Par ailleurs, si au début de la maladie, vos proches
et vos amis sont présent et chaleureux, à plus
ou moins long terme, ils peuvent montrer des signes de lassitude
et dincompréhension lorsque la situation ne saméliore
pas, vous laissant seuls à gérer vos émotions
et faire face à vos angoisses.
Disposer dun espace découte où vous
pourrez trouver du soutien est fondamental car il importe de
ne pas rester seul avec votre souffrance. Consulter peut vous
aider, car vous avez tout autant besoin de comprendre les réactions
de votre proche malade que vos propres réactions.
Du coté du malade, vous serez sans doute dérouté
par ce que les psychologues appellent des "réactions
de défenses" du malade, qui sont en fait sa façon
de "négocier" avec une angoisse immense et
dapprivoiser la maladie. De votre coté à
vous, le découragement, la lassitude, la pression, voire
le rejet, sont autant de réactions dont il sera bon de
parler.
Le malade face à
l'annonce de la maladie
A l'annonce de sa maladie, votre proche pourra passer par plusieurs
stades, de longueur et d'intensité variables:
- le déni (il fait la sourde oreille): votre proche refuse
les conversations sur la maladie, réfute le diagnostic,
le minimise ou fait comme si de rien nétait.
- la régression: vous trouverez qu'il se laisse aller
ou qu'il vous sollicite tout le temps. Il se replie sur lui-même
et semble quelque peu retomber en enfance
passif, il devient
dépendant de vous.
- lisolation: il réagit avec un
détachement étonnant, de manière très
neutre. Il en fait même des plaisanteries. La maladie
ne semble pas le concerner directement.
- Il est agressif avec tout le monde: il sen
prend au destin, à la société, au médecin,
aux soignants, à vous, cest la révolte qui
se déverse sur lextérieur et que l'on nomme
la "projection".
Comment bien accompagner
un malade
Reconnaître ces manifestations, leur
donner du sens, vous permet plus facilement dy faire face
et daider votre proche à surmonter ses émotions.
Cela permet aussi de modifier votre comportement pour un meilleur
accompagnement.
=> Être plus
réaliste dans vos attentes
Devenir un "aidant"
implique de voir la maladie et ses effets avec réalisme.
Pour des maladies évolutives comme lAlzheimer,
la sclérose en plaques, la paraplégie, certaines
tumeurs ou accidents vasculaires, il importe dadmettre
que létat de votre proche ne va pas saméliorer.
Il sagit dapprendre à percevoir lêtre
aimé comme il est devenu et non plus comme il était.
Accepter ce fait, vous permettra dêtre plus réaliste
dans vos attentes et de valoriser ce quil est encore capable
de faire.
=> Reconnaître vos propres limites
Prendre soin dune autre
personne requiert beaucoup de temps et dénergie.
Il y a des limites à ce que vous pouvez faire. La question
étant de savoir ce qui compte le plus à vos yeux?
Avoir un intérieur parfaitement propre ou prendre le
temps dune promenade avec votre proche?
En plus de faire des choix,
il est essentiel que vous posiez des limites à ce que
vous pouvez supporter, particulièrement face à
certains troubles caractériels.
=> Mieux gérer les conflits
Votre proche peut se comporter
de manière agressive envers vous. Attitude qui est souvent
lexpression détournée dun sentiment
de peur de la mort, de la dépendance, de labandon.
Il est important de savoir
que certaines maladies chroniques entraînent une fatigue
physique qui abaisse le seuil de tolérance au stress
et augmente lirritabilité, et que certaines lésions
du cerveau ont pour effet des modifications du comportement,
et notamment une perte de contrôle.
=> Communiquer différemment
Certaines méthodes peuvent atténuer ces accès
de colère ou le refus de toute coopération, comme:
- lhumour, en prenant les choses
avec plus de recul
- la diversion, en changeant de sujet ou dactivité
- la reformulation, "je me rends compte à quel point
tu es énervé et je te comprends"
- laménagement de lenvironnement: suppression
des sources dexcitation, bruits etc.
=>Prendre du temps
pour vous
La maladie est aussi une
épreuve pour vous: vous êtes précipité
dans un entre-deux, situé entre le monde des bien portants
et celui de la maladie. Se reposer, séloigner,
retrouver vos aidants à vous est essentiel. Il est nécessaire
de se sentir bien soi-même pour pouvoir aider une personne
malade.
Sport, pratique culturelle,
associative ou artistique, toute activité source dintérêt
et de plaisir, constitue une stratégie efficace pour
ne pas sépuiser et tenir dans la durée.
Consulter peut aussi vous aider à vous autoriser de prendre
soin de vous aussi.
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